Variole du singe (Mpox) - Santé

Variole du singe (Mpox)

Variole du singe (Mpox)

Virus au microscope

Virus au microscope électronique (image illustrative)

La variole du singe, également connue sous le nom de Mpox (dénomination adoptée par l'OMS en novembre 2022), est une maladie infectieuse virale rare causée par le virus de la variole du singe (Monkeypox virus). Bien que moins grave que la variole humaine (éradiquée en 1980), cette zoonose peut provoquer des épidémies chez l'humain avec des symptômes similaires mais moins sévères que ceux de la variole classique.

À savoir : Le terme "variole du singe" est quelque peu trompeur car le virus circule principalement parmi les rongeurs en Afrique centrale et occidentale. L'OMS a recommandé l'utilisation de "Mpox" pour éviter toute stigmatisation.

Définition et historique

Le virus de la variole du singe appartient au genre Orthopoxvirus de la famille des Poxviridae. Il a été identifié pour la première fois en 1958 chez des singes de laboratoire (d'où son nom), mais le premier cas humain a été recensé en 1970 en République démocratique du Congo.

On distingue deux clades (variantes) principaux :

  • Clade d'Afrique centrale (bassin du Congo) : Plus virulent avec une mortalité pouvant atteindre 10%
  • Clade d'Afrique de l'Ouest : Moins virulent avec une mortalité d'environ 1%
Carte de l'Afrique

Zones endémiques de la variole du singe en Afrique

Transmission

La transmission peut se faire par plusieurs voies :

Transmission animal-humain

  • Contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les lésions cutanées/muqueuses d'animaux infectés
  • Consommation de viande insuffisamment cuite d'animaux infectés
  • Morsure ou griffure par un animal infecté

Transmission interhumaine

  • Contact étroit avec des lésions cutanées infectieuses
  • Gouttelettes respiratoires (contact face à face prolongé)
  • Contact avec des objets contaminés (literie, vêtements)
  • Transmission périnatale (de la mère au fœtus)
  • Contact sexuel (transmission possible par contact cutané pendant l'acte)
Attention : Contrairement à certaines idées reçues, la variole du singe n'est pas une infection sexuellement transmissible (IST) au sens classique, mais peut se transmettre lors de contacts intimes en raison du contact peau à peau.

Symptômes

La période d'incubation est généralement de 6 à 13 jours (peut aller de 5 à 21 jours). La maladie évolue en deux phases :

Phase invasive (0-5 jours)

  • Fièvre
  • Céphalées intenses
  • Adénopathies (gonflement des ganglions lymphatiques) - signe distinctif de la variole classique
  • Douleurs musculaires
  • Asthénie (fatigue importante)

Éruption cutanée (1-3 jours après l'apparition de la fièvre)

  • Apparition de macules (lésions planes) d'abord sur le visage puis s'étendant
  • Évolution en papules (lésions surélevées), puis vésicules (remplies de liquide clair), puis pustules (remplies de liquide jaunâtre)
  • Formation de croûtes qui tombent en 2-3 semaines
  • Les lésions peuvent être douloureuses jusqu'à la phase de croûtes
Éruption cutanée

Éruption cutanée caractéristique (image illustrative)

Diagnostic

Le diagnostic repose sur :

Examen clinique

  • Recherche des signes caractéristiques (fièvre + éruption vésiculeuse + adénopathies)
  • Interrogatoire sur les antécédents de voyage ou contact avec des cas confirmés

Examens biologiques

  • PCR : Méthode de référence sur prélèvement des lésions cutanées
  • Sérologie (peu utile en phase aiguë)
  • Culture virale (en laboratoire spécialisé)
  • Microscopie électronique
Diagnostic différentiel : La variole du singe doit être distinguée d'autres maladies à éruption vésiculeuse comme la varicelle, la variole, la syphilis secondaire, ou les infections à herpès virus.

Bilans et surveillance

En cas de confirmation ou de suspicion forte :

  • Numération formule sanguine (NFS) : souvent une leucocytose
  • Bilan hépatique (transaminases parfois élevées)
  • Créatinine (pour évaluer la fonction rénale)
  • Surveillance des signes de gravité : atteinte respiratoire, encéphalite, surinfection bactérienne

Traitement

Traitement symptomatique

  • Hydratation suffisante
  • Antipyrétiques (paracétamol)
  • Antalgiques si nécessaire
  • Soins locaux des lésions cutanées (antisepsie, éviter le grattage)
  • Traitement des surinfections bactériennes si nécessaire

Traitements spécifiques

  • Tecovirimat : Antiviral spécifique approuvé pour le traitement de la variole du singe (disponible via des protocoles spéciaux dans certains pays)
  • Vaccinia Immune Globulin Intravenous (VIGIV) : Peut être envisagé pour les cas graves
  • Cidofovir et Brincidofovir : Activité in vitro contre les orthopoxvirus mais données cliniques limitées

Vaccination

  • Le vaccin contre la variole humaine (vaccinia) offre une protection croisée estimée à 85% contre la variole du singe
  • Des vaccins de troisième génération (comme Imvanex/Jynneos) spécifiquement développés contre la variole du singe sont disponibles
  • La vaccination post-exposition (dans les 4 jours suivant l'exposition) peut prévenir ou atténuer la maladie
Vaccination

Campagne de vaccination (image illustrative)

Conseils et recommandations

Prévention

  • Éviter tout contact avec des animaux pouvant héberger le virus (rongeurs, primates dans les zones endémiques)
  • Éviter le contact avec des matériaux (comme la literie) qui ont été en contact avec un animal ou une personne malade
  • Isoler les patients infectés jusqu'à la chute de toutes les croûtes
  • Se laver régulièrement les mains à l'eau et au savon ou utiliser une solution hydroalcoolique
  • Utiliser des équipements de protection individuelle (gants, masque) lors des soins aux patients

En cas d'infection

  • Rester isolé jusqu'à la guérison complète (disparition des croûtes)
  • Couvrir les lésions cutanées avec des pansements ou vêtements légers
  • Éviter de gratter ou toucher les lésions
  • Ne pas partager les objets personnels (vaisselle, linge de toilette, literie)
  • Maintenir une bonne hydratation
  • Surveiller l'apparition de signes de gravité (difficultés respiratoires, altération de la conscience)
Populations à risque : Les enfants, les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées et celles présentant des affections cutanées préexistantes (comme l'eczéma) sont plus susceptibles de développer des formes graves de la maladie.

Évolution et pronostic

La maladie dure généralement de 2 à 4 semaines. La plupart des patients guérissent spontanément. Les complications possibles incluent :

  • Surinfections bactériennes des lésions cutanées
  • Pneumonie
  • Déshydratation
  • Encéphalite (rare)
  • Infections cornéennes pouvant conduire à la cécité

Le taux de létalité varie selon le clade viral (1-10%) et l'accès aux soins. Dans les pays disposant de bonnes infrastructures médicales, la mortalité est généralement bien inférieure à 1%.

Situation épidémiologique

Historiquement limitée à l'Afrique, la variole du singe a connu une expansion géographique depuis 2003 avec des cas sporadiques hors d'Afrique. En 2022, une épidémie mondiale sans lien direct avec les zones endémiques africaines a été déclarée, conduisant l'OMS à déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale" en juillet 2022.

Carte mondiale

Propagation mondiale du Mpox en 2022 (image illustrative)

Sources et références

  • Organisation Mondiale de la Santé (OMS) - Fiches techniques sur la variole du singe
  • Centers for Disease Control and Prevention (CDC) - Guidelines for Mpox
  • European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) - Risk assessments
  • Santé Publique France - Dossiers thématiques
  • Journal of Medical Virology - Études sur l'épidémiologie du virus
  • The Lancet Infectious Diseases - Articles sur les traitements antiviraux

Article rédigé à des fins informatives uniquement. Consultez un professionnel de santé pour toute question médicale.